mardi 3 novembre 2009

Encore le %#@! de vote ethnique

Wow.

Plusieurs indépendantistes attribuent la défaite de Mme Harel à l'argent et au vote ethnique.

Sans blagues. Voir notamment le blogue de Louis Préfontaine, mais aussi celui des Humeurs Montréalaises.

C'est à se demander si le PQ et ses militants attribueront toujours leurs défaites à ce bouc émissaire choisi. C'est de la faute aux immigrants, gnan gnan gnan.

Cela dit. Dites-donc, vous qui prétendez que le vote des anglos est « raciste », ça vous surprend vraiment que nombre d'anglos et d'allophones n'aient pas voté pour une péquiste pure et dure? Vraiment? Pourtant, tout ce qu'ils entendent de la bouche des péquistes et autres indépendantistes, c'est qu'ils sont les ennemis à abattre... Ça vous étonne vraiment qu'ils se méfient de vous? Vraiment?

En plus, plusieurs des candidats locaux de Vision Montréal étaient d'anciens aspirants péquistes au poste de député du comté correspondant. Une stratégie vouée à l'échec dans les comtés plus fédéralistes de l'île. Ben oui, il y a des fédéralistes à Montréal, même des francophones.

Le soir du référendum de 1995, quand Parizeau, engourdi par l'alcool, nous a fait honte au grand écran, moi j'ai tiré une autre conclusion: que le PQ, avec son nationalisme ethnique à peine masqué, n'avait tout simplement pas réussi à gagner les néo-québéois à sa cause. J'espérais que cela lui servirait de leçon, qu'il s'ouvrirait à eux, et que l'on passe à un indépendantisme basé sur un projet de société, pas une appartenance ethnique

Plus je lis et j'entends le discours des indépendantistes purs et durs, plus j'ai honte d'avoir été indépendantiste. Présentement, avec le durcissement de leurs positions et leur discours hargneux, ils sont en train de devenir la meilleure publicité négative qui soit pour leur option.

10 commentaires:

Renart L'éveillé a dit…

Le problème, à la base, c'est que l'avenir constitutionnel du Québec ne s'est jamais joué ni ne se jouera jamais en politique municipale. Alors, on en vient à se demander pourquoi ces questions se posent dans ce contexte.

Si les Anglos n'avaient pas grimpé aux rideaux devant l'insuffisance anglophone de Louise Harel et le fait qu'elle soit une péquiste, j'aurais tendance à être tout à fait d'accord avec toi.

Enkidu's Palace a dit…

C'est sûr que d'attaquer Mme Harel pour sa faible maîtrise de l'anglais n'était pas fort fort.

Mais tout de même, à voir une ex-péquiste candidate à la mairie, avec des candidats tout aussi ex-péquistes dans les arrondissements (dont le mien, Verdun, où Richard Langlais, habituellement candidat au poste de député, se présentait pour la mairie d'arrondissement), si j'étais anglo, je redouterais que Mme Harel transpose sur le plan municipal des chicanes linguistiques dont je ne veux pas.

Cela dit, c'est aussi un peu réducteur de dire que les anglophones ne l'ont rejeté que pour ça. Je pense aussi que son discours centralisateur en a déplu plus d'un, dont moi, bien évidemment...

Tym_Machine a dit…

"Pourtant, tout ce qu'ils entendent de la bouche des péquistes et autres indépendantistes, c'est qu'ils sont les ennemis à abattre..."

Il y a pas beaucoup de monde suicidaire ou masochiste chez les anglos et les allos, ça doit décevoir beaucoup de péquisto-radicalistes.

Je me demande même s'il y avait plus de juifs qui ont voté pour Hitler en 1933...

Tym_Machine a dit…

En passant humeur montréalaise n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Je me suis rendu jusqu'au troisième paragraphe après le 28e sacre et la 15e variante du mot merde.

Je l'aime déjà...

Tym_Machine a dit…

Quant à moi, qu'elle soit une ex péquiste, je m'en contrecrisse.

Qu'elle soit incapable de répondre à des journalistes en anglais, ça j'aurais eu un gros bogue avec ça avoir été montréalais.

Crime, des jobs à 8$ de l'heure à Montréal (et même ailleurs en province) exigent le bilinguisme. Ne serait-il pas trop en demander d'exiger la même chose du maire ou de la mairesse de Montréal? Une job dans les six chiffres?

On parle de l'anglais crime pas du mandarin, ni de l'arabe, ni du punjabi. Je n'ai rien contre ces langues, mais l'anglais est beaucoup plus universel et à mon humble avis bien plus facile à apprendre.

Si ça avait été un unilingue anglais qui se présentait à la mairie de Montréal, est-ce que les francophones auraient voté pour cette personne? Moi-même je n'aurais pas voté pour cette personne.

On parlera de la compétence et de l'expérience certes mais justement une des compétences à avoir, c'est la bosse des communications, l'habilité et la maitrise des langues.

Prenez donc en exemple Bernard Landry comme bon péquiste qui est parfaitement trilingue au lieu de prendre des gens qui n'en maitrisent qu'une seule (et dans certains cas, il faut le dire vite).

Enkidu's Palace a dit…

Salut Tym

C'est sûr que pour gérer Montréal, l'anglais est un sacré atout, mais pour moi, le problème avec Harel allait bien au-delà de ça.

C'est quand même frappant de voir, par contre, que Harel, qui a été députée montréalaise pendant 27 ans, maîtrise moins l'anglais qu'un gars de Drummonville et un gars de Québec, où les anglos sont moins nombreux, mettons...

Tym_Machine a dit…

@Enkidu,

Ce n'est pas tout le monde qui a la bosse des langues j'en conviens.

Cependant, il faut avoir un intérêt certes pour la chose ce qui me fait dire qu'il existe un mur linguistique à Montréal entre l'Est et l'Ouest.

En ce qui a trait à la corruption, rien nous dit qu'il y en aurait moins eu sous Harel avec sa centralisation des pouvoirs. C'est-tu juste moi ou depuis deux jours, personne ne se souvient d'un certain Benoit Labonté?

Enkidu's Palace a dit…

Reste que les indépendantistes de tous poils, à se concentrer que sur ce qui fait leur affaire, c'est à dire les exemples d'anglos bornés et hargneux (il y a des cons partout), nous font oublier qu'il y a plein de monde parfaitement sympathique du côté de l'autre solitude. Dans mon arrondissement, je discute souvent avec des canadians fort sympathiques et bilingues SVP.

Et nous sommes dans l'ouest de Mourial.

Pour ce qui est de Labonté, effectivement, c'est drôle, personne ne parle plus de lui...

Salutations verdunoises!

Humeurs montréalaises a dit…

Je n'ai pas dit la faute à l'argent, j'ai dit la faute aux Anglais et aux allophones qui votent en bloc pour le même parti depuis la Confédération, probablement parce qu'ils sont menacés.

Dommage que les Anglo-Montréalais soient politiquement aussi uniformes dans leurs opinions, parce que, personnellement, je les trouve très sympathiques!

Mais quand mes amis anglos et moi parlons de politique ensemble, je finis toujours par leur dire d'arrêter de parler parce que leur navrant réflexe d'autoprotection qui les pousse à un instinct grégaire lors des élections me fait chier et m'apparaît tout à fait incompréhensible pour une partie de la population (les anglophones) qui est beaucoup plus éduquée que les autres...

Enkidu's Palace a dit…

Salut Humeurs Montréalaises

Je parlais en général, pas spécifiquement de ton blogue pour la question de l'argent.

Je suis d'accord avec toi que c'est chiant, mais en même temps, que veux-tu que les anglos fassent? Quelles options existe-il pour eux?

Personnellement, je pense que leur façon de voter est un signe de l'échec du PQ à rallier autre chose que des "pures-laines" à leur cause, plutôt qu'un quelconque signe de vote "ethnique".

J'en veux pour preuve que lorsque je parle aux anglos de mon arrondissement, la plupart me disent détester Jean Charest et ses libéraux... Ils sont pris avec, simplement. Et ils sont aussi désillusionnés que nous.

Si vous voulez que les anglos votent avec nous, il va falloir leur prouver que c'est aussi à leur avantage...

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